Présentée par Jean Rouaud, cette soirée s'articule autour de textes de Georges Bernanos et de Paul Claudel
Lecture : Michael Lonsdale
Musique : Alain Kremski
Un célèbre graffiti de mai 68 donnait courageusement la parole aux murs en dénonçant la cause de tous les maux de la société de ce temps : « Plus jamais Claudel ».
Sans doute ce brave militant ne parlait-il que par ouï-dire. Ou avait-il de la cire idéologique dans les oreilles. Ou craignait-il que le fleuve lyrique claudélien ne le conduise à la conversion. Car il aurait pu tout aussi bien écrire : plus jamais la poésie. Ce qui aurait valu aussi pour Bernanos.
Ils sont ainsi quelques auteurs majeurs que leur attachement au catholicisme a stigmatisés auprès des élites bien-pensantes. Aucune raison d'en avoir peur. La proximité des grands textes religieux les a conduits sur les plus hautes cimes du verbe. Ils nous seront bientôt aussi incompréhensibles que des chants venus d'un monde disparu. Alors profitons du fait qu'ils nous parlent encore un peu pour en recueillir toutes les beautés.
À verbe fort, voix forte. Et c'est Michael Lonsdale, le plus majestueux des acteurs contemporains qui fera résonner pour nous dans la salle Victoria ces derniers accents d'une poésie mystique. Il sera accompagné par son ami musicien Alain Kremski, explotateur des sons des cloches de temples, gongs, bols bouddhiques et chantants de l'Asie.
Un programme où les notes et les mots entrent en résonnance.