Lecture-musique, théâtre, Ducherais 2007 et maison du livre
Jacques Bonnaffé lit Apollinaire au Victoria. La Devanture joue Obaldia à la Forge. Les Anciens et les Modernes à la Ducherais. Une maison du livre s'invente sur l'estuaire.
Il est plus que temps de penser à une nouvelle livraison du "petit forgeron", le journal électrique de l'actualité culturelle de Campbon (Loire-Inférieure), tant les infos se bousculent sur les agendas.
Commençons par l'actualité. Jacques Bonnaffé sera l'invité de la Devanture le mardi 28 novembre à 20 h30 pour une soirée lecture-musique exceptionnelle consacrée à Apollinaire. Le comédien lira les lettres que le poète envoyait à sa bien-aimée, Louise de Coligny-Châtillon, "Lou", depuis le front. La partie musicale sera assurée par Cécile et Michel Grizard, au violoncelle et à la guitare. Une information plus complère sur ce spectacle est donnée sur le site www.campbon-ladevanture.com, désormais tenu et mis à jour par Laurence (ce qui est une bonne nouvelle). Comme de coutume, la soirée se poursuivra à La Forge au milieu des livres et autour d'un verre.
CAFÉ-THÉÂTRE À LA FORGE
Il reste encore quelques places ce vendredi pour la représentation de café-théâtre "Grasse matinée" proposée par la Devanture à la librairie (jusqu'au vendredi 8 décembre). Cette pièce d'Obaldia, au cours de laquelle deux squelettes dialoguent, est interptrétée par Marie-Jo Robert Hervy et Charlotte Picard. La mise en scène est de Michèle Rouaud Leca. L'entrée est gratuite, mais la réservation obligatoire. Par téléphone : 02 28 01 37 96, ou par mail : laforge@campbon-ladevanture.com. Si tout va bien le dernier vendredi de la forge de la saison, le 15 décembre, prendra la forme d'une causerie avec les membres de l'association historique de Campbon, qui viennent de réaliser un document sur les Campbonnais dans la grande guerre (impressionnant). A confirmer.
LES ANCIENS ET LES MODERNES
La Modernité sera le thème de la prochaine édition des Rencontres de la Ducherais. Le plus simple est de vous donner ici l'argument de Jean Rouaud :
"Les Anciens aujourd'hui, on les imagine en vieux de la veille assis sur un banc, le menton posé sur la canne, dans un village abandonné par la jeunesse, ou réunis dans un mouroir à mastiquer leur ennui, ce qui, campagne désertée ou mouroir, revenait à peu près au même il y a quelques années encore. Autrement dit pour l'avenir, il valait mieux s'en remettre aux Modernes que l'on rencontrait dans les lumières de la ville. De sorte que la vieille querelle qui avait enflammé les esprits à la fin du XVIIe siècle et marqué le triomphe des modernes, de leur supériorité, puisqu'en plus de l'acquis des anciens, il bénéficiait de tous les apports nouveaux de la science et de la connaissance, avait fini par recouper assez précisément cette partition ville-campagne qui a accompagné toute la montée en puissance de la société industrielle et dont nous avons débattu à la Ducherais lors de nos deux premières Rencontres. Pour résumer : à la campagne l'arriération, à la ville, la voyance. La campagne, et à travers elle, la nature, avait réussi une impeccable contre-attaque avec les Romantiques, allemands notamment, qui contre le culte de la raison, savante, ordonnée, logique, préféraient s'en remettre au sentiment, à l'émotion, à la poésie, à l'inconnaissable, au chaos du monde, et rendre l'homme au vertige de la création. Dernier
soubresaut avant la mise en oeuvre implacable de l'idée scientifique de progrès, à laquelle même la littérature fut invitée à se plier. « S'il est vrai que j'ai longtemps cherché à inscrire mon travail dans le champ de la science », écrivait Barthes avant, sur la fin, de se rétracter. Et maintenant ? Les Modernes grands prêtres du matérialisme et de l'idée de rupture, confrontés à l'épuisement des ressources, auraient-ils fini d'avoir raison ? Qu'en dit la littérature ? Si l'on en croit nos écrivains « philosophes » de la nouvelle génération, Muriel Barbery, Stéphane Audeguy, Vincent Delecroix, elle rit".
UNE MAISON DU LIVRE SUR L'ESTUAIRE
Comme annoncé dans le dernier petit forgeron, le projet de maison du livre, ou plutôt de café-librairie dans la maison du port de Lavau-sur-Loire l'été prochain, se précise. La meet (maison des écrivains et des traducteurs de Saint-Nazaire, la Mcla (pour la partie théâtre) et la Maison de la poésie ont rejoint la Devanture et les Amis de la forge pour animer ce lieu pendant les trois mois que durera le grand parcours artistique "Estuaire" organisé par le Lieu Unique. Les premiers éléments de contenu seront dévoilés ce lundi à Nantes lors de la conférence de presse de lancement d'Estuaire. Sans révéler de secret majeur, sachez que les Amis de la Forge travaillent notamment sur une soirée autour de Jean-Jacques Audubon, l'aventurier-naturaliste franco-américain, et que la Devanture planche sur une soirée autour de "la querelle des bouffons".
Voilà, voilà, merci de votre attention et à bientôt
Philippe
Lundi 04 Décembre 2006
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